L’état des lieux
Par Philippe Martin, fondateur du site.
Il n’est contesté par personne que les banques sont directement et totalement responsables de cette crise monumentale que nous vivons tous
depuis maintenant 2 ans.
Faisant preuve d’une cupidité rare, elles ont joué au casino mondial avec des sommes colossales qui ne leur appartenaient pas, afin de gagner
toujours plus et toujours plus vite.
Les banques américaines ont déguisé leurs produits financiers pourris en les requalifiant en produits financiers “complexes” et fortement
rémunérateurs, puis les ont dispersés aux 4 coins de la planète. Ordinairement, on appelle ça des crapules. Mais s’agissant de banques, on parle plutôt
de brillants spécialistes...
Nos banques ont gravement fauté en se ruant sur ces produits, sans même en vérifier l’exacte composition, notamment leur niveau de
risque, alors que c’est quand même, rappelons-le, leur métier.
On devrait qualifier ces banquiers d’irresponsables absolus, faisant preuve d’une inconséquence rare. Mais là encore, nous préférerons dire que ces
gens là n’ont pas eu de chance. Ils ont joué, ils ont perdu, exactement comme au casino... sauf qu’on ne leur a jamais demandé de jouer. Est-ce là leur
fonction première ?
Avouons qu’il ne s’agit pas là du comportement que l’on est en droit d’attendre des banques. Leurs dirigeants se doivent
d’être des gens pondérés et réfléchis, cartésiens, raisonnables, gérant notre argent “en bon père de famille”, comme d’ailleurs le système exige que
nous le fassions nous-mêmes.
Et bien non...
Ils ont été et restent aveuglés par la course aux profits de plus en plus élevés, de plus en plus juteux, en oubliant leur coeur de métier : l’évaluation du
risque.
Cette irresponsabilité effrayante a entrainé et entraine toujours des conséquences désastreuses : des centaines de
milliers de licenciements, des dizaines de milliers de dépôts de bilan, une sévère augmentation de la précarité, une misère sociale et humaine accrue,
une augmentation considérable de l’endettement public, que tous les contribuables vont devoir supporter, une fois de plus.
N’importe quel chef d’entreprise ayant commis une faute 1000 fois moins grave serait actuellement en prison, ni plus ni moins.
Mais l’aberration, l’injustice la plus révoltante n’est pas là.
Car face à l’obligation de soutenir l’économie, l’Etat a immédiatement et très largement aidé ces
délinquants en col blanc (non sans préciser aux Français que les 21 milliards ainsi prêtés rapporteraient
des intérêts. Sauf que l’Etat a lui-même emprunté ces sommes, creusant ainsi encore davantage la dette
publique...).
De son côté, la BCE (Banque Centrale Européenne) a injecté des centaines de milliards dans toutes
les banques de la zone Euro, à un taux extrêmement faible, que ces banques ont ensuite elles-mêmes
prêté à des taux largement plus élevés, sous prétexte de contexte économique délicat (pour tout le
monde, sauf pour elles, notons-le).
Autrement dit, non seulement elles n’ont pas subi les conséquences de leurs actes, mais en plus,
l’Etat et la BCE leur ont donné l’opportunité de générer aussitôt des bénéfices élevés.
Dans ces conditions, les banques ont évidemment été rapidement en mesure de se redresser. Moins d’un an après le choc “Lehman Brothers”, elles
réaffichaient des bénéfices indécents (voir ici), pendant que des millions de personnes souffraient (et continuent de souffrir) des conséquences de ce
scandale monumental.
Mieux : la spéculation est repartie de plus belle...
Il est scandaleux que ces banques n’aient jamais été santionnées.
Le minimum serait qu’elles mettent la main au portefeuille afin de contribuer à payer les pots cassés,
comme nous le faisons tous depuis 2 ans.
En effet, où a t-on déjà vu une personne ou une entreprise commettre une faute lourde, entrainant de
graves préjudices pour la société (au point de la déstabiliser profondément), sans être aucunement
inquiétée par la Justice ? Où a t-on déjà vu que d’autres doivent payer les conséquences de cette
faute, alors qu’ils ne sont en rien impliqués ?
Nulle part, tout au moins jusqu’à présent.
Pour quiconque, c’est évidemment le tribunal, avec une forte amende ou de la prison.
Mais pour les banques : aucune sanction, aucune amende, rien. Au contraire, l’Etat et l’Europe ont
immédiatement volé à leur secours.
En résumé : les seuls qui aient été aidés, ce sont... les coupables !
Qu’on le veuille ou non, c’est donc un fait désormais établi, voire officiellement proclamé : les
banques sont au dessus des lois.
Et tant sur le plan moral que juridique, cela n’est pas acceptable, tout au moins pas dans un état de
droit comme la France est censée l’être.
J’ai donc décidé de bousculer tout ceci, afin de contraindre les banques à payer les conséquences de la crise,
comme vous, comme moi, comme tout le monde.
Non pas en raison d’une quelconque idéologie politique, mais parce qu’il s’agit d’une demande juste et fondée, tout simplement.
Ainsi, à l’avenir, elles s’orienteront vers une conduite plus éthique, non pas par une volonté spontanée, ne rêvons pas, mais par la crainte de la
sanction financière.
Tout ceci est possible, mais sans vous, je n’y arriverai pas.
Si je n’ai pas des centaines de milliers de personnes avec moi, rien ne changera jamais, et cette crise que nous connaissons tous, si grave, longue et
profonde, si incertaine aussi, sera bientôt suivie d’autres “bulles” qui éclateront. Car ces gens là se fichent de tout : de vous, de moi, de l’Etat et des
lois. Leur seul centre d’intérêt, c’est l’argent, et rien que l’argent.
Les plus sceptiques d’entre vous me colleront probablement une étiquette de gauchiste exacerbé... c’est loin d’être le cas.
Repensez à ce qui nous a conduit à cette crise, à son origine première. Qui peut sérieusement soutenir qu’elle n’est pas née uniquement d’une course
folle aux profits, au mépris de tout ?
D’autres penseront probablement aussi que nous ne pourrons rien changer à tout cela.
Je leur répondrai simplement que si nous ne faisons rien, alors oui, nous ne changerons rien.
Internet est un outil à la fois formidable et dangereux, qui change considérablement l’appréhension du monde, y compris dans la sphère politique.
C’est aussi et surtout un moyen de collecter rapidement un grand nombre de soutiens à une demande juste.
Vous pouvez exprimer le vôtre, en quelques secondes et sans aucun risque (pour information, les données communiquées ne seront jamais
transmises à quiconque, pas même à l’Etat. En effet, en cas de demande de contrôle du nombre de soutiens, un huissier sera mandaté pour constater
la réalité du contenu du fichier, mais sans que ce dernier puisse en faire une copie. Cet acte aura donc une valeur parfaitement légale, tout en
préservant totalement la confidentialité des données.)
Aidez-moi à démontrer à l’Etat que nous sommes des millions à exiger que ça change, et alors, ça changera, croyez-moi.
Le nombre a toujours fait la différence, surtout dans le contexte social délicat que nous connaissons actuellement et à l’approche d’une échéance
électorale nationale.
M’aider, c’est vous aider, c’est nous aider tous. C’est prendre notre destin en mains plutôt que le subir les bras croisés.
Cela ne vous prendra que quelques secondes, mais ces secondes seront, croyez-moi, hautement citoyennes. Bien davantage en tout cas que tous les
discours politiques...
Comment obliger les banques à assumer leur crise.